ET IMITATIONS.
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Quels biens doit renfermer cette boîte si belle !
De la bonté des dieux c’est ün gage fidèle ;
C’est là qu’est renfermé le sort du genre humain.
Nous serons tous des dieux.. Elle l’ouvre; et soudainTous les fléaux ensemble inondent la nature.
Hélas! avant ce temps, dans une vie obscure
Les mortels moins instruits étaient moins malheureux ;
Le vice et la douleur n’osaient approcher d’eux ;
La pauvreté, les soins, la peur, la maladie,
Ne précipitaient point le terme de leur vie ;
Tous les jours étaient purs, et tous les cœurs sereins.
Dans les temps bienheureux de Saturne et de Rhée,
Le mal fut inconnu, la fatigue ignorée ;
Les dieux prodiguaient tout : les humains satisfaits,
Ne se disputant rien, forcés de vivre en paix,N’avaient point corrompu leurs mœurs inaltérables.
La mort, l’affreuse mort, si terrible aux coupables,N’était qu’un doux passage, en ce séjour mortel,
Des plaisirs de la terre aux délices du ciel.
Les hommes de ces temps sont nos heureux génies,Nos démons fortunés, les soutiens de nos vies ;
Ils veillent près de nous; ils voudraient de nos cœursÉcarter, s’il se peut, le crime et les douleurs.
HOMERE
FRAGMENTDU NEUVIÈME CHANT DE L’iLIADE.
Les Prières, mon fils, devant vous éplorées,
Du souverain des dieux sont les filles sacrées ;Humbles, le front baissé, les yeux baignés de pleurs,Leur voix triste et plaintive exhale leurs douleurs.
On les voit, d’une marche incertaine et tremblante,