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Contes, satires, épîtres : poésies diverses, odes, stances, poésies mêlées, traductions et imitations / par Voltaire
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TRADUCTIONS

Dans les champs de la mort au combat animées :Non que le mal dautrui soit un plaisir si doux ;

Mais son danger nous plaît quand il est loin de nous.Heureux qui, retiré dans le temple des sages,

Voit en paix sous ses pieds se former les orages,

Qui contemple de loin les mortels insensés,

De leur joug volontaire esclaves empressés,

Inquiets, incertains du chemin quil faut suivre,Sans penser, sans agir, ignorant lart de vivre,

Dans lagitation consumant leurs beaux jours,Poursuivant la fortune, et rampant dans les cours !

O vanité de lhomme ! ô faiblesse ! ô misère !

Le hasard incertain de tout alors dispose.

Lanimal est sans germe, et leffet est sans cause.On verra les humains sortir du fond des mers,

Les troupeaux bondissants tomber du haut des airs,Les poissons dans les bois naissant sur la verdure ;Tout pourra se produire : il nest plus de nature.

Si Ton voyait du moins un terme à son malheur,

On soutiendrait sa peine, on combattrait Terreur;

On pourrait supporter le fardeau de la vie :

Mais dun plus grand supplice elle est, dit-on, suivieAprès de tristes jours on craint léternité.

Ils conjurent ces dieux quont forgés nos caprices ;Ils fatiguent Pluton de leurs vains sacrifices ;

Le sang dun bélier noir coule sous leurs couteaux :Plus ils sont malheureux, et plus ils sont dévots.

Sa raison parle en vain, sa crainte le dévore,Comme si nétant plus il pouvait être encore.