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Tome premier.
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2io BOU

Prov. et fam., Il (Ut cela de bouche, maisle cœur n’y touche, Il parle contre sa pensée.

Fig., en termes de Féodalité, JSe devoirà son seigneur que la bouche et les mains,Lui devoir la foi et l'hommage, sans êtretenu à aucune redevance.

Bouche, se dit aussi de La bouche con-sidérée particulièrement comme destinée àrecevoir et à goûter les aliments. Avoir labouche pleine. Porter quelque chose à sa bou-che. Mettre un morceau de pain, un morceaude viande dans sa bouche. Cela laisse à labouche un goût fort agréable. Provisions,munitions de bouche.

Fam., Traiter quelqu'un à bouche queveux-tu, Lui faire très-bonne chère.

Fam., Manger de la viande de broc en bou-che, Aussitôt qu’on l’a tirée de Ja broche.

Avoir la bouche amère, sèche, mauvaise,pâteuse, etc., Y éprouver une sensation d’a-mertume, de sécheresse, etc. On dit demême, Cela rend la bouche amère, pâteuse,etc.

Faire bonne bouche, se dit De ce qui laisseun bon goût à la bouche. Cette liqueur faitbonne bouche.

Fam., Laisser quelqu'un sur la bonne bou-che, Terminer le repas qu’on lui donne parquelque chose d’exquis; et, figurément, Lelaisser avec quelque espérance flatteuse, ouavec quelque pensée agréable.

Fig. et fam., Rester, demeurer sur la bonnebouche, Cesser de manger ou de boire,après qu’on a bu ou mangé quelque chosequi flatte le goût. Il signifie, dans un em-ploi plus figuré, S’arrêter après quelquechose d’agréable, dans la crainte d’un chan-gement, d’un retour fâcheux. Il a gagnémille francs au jeu, et il s'est retiré, afin derester sur la bonne bouche.

Fam., (larder quelque chose pour la bonnebouche, Réserver pour la fin quelque chosede très-bon, d’agréable. Il se dit au propreet au figuré.

Ironiq., Il la lui gardait pour ta bonnebouche, se dit De celui (jui, après avoir faitplusieurs mauvais tours a quelqu'un, lui enfait un dernier plus sanglant que les autres.

Prov., L'eau vient à la bouche; cela faitvenir l'eau à ta bouche, se dit D’une choseagréable au goût, et dont l’idée excite l’ap-pétit quand on en parle ou qu’on en en-tend parler. Cela se dit aussi, figurément,De tout ce qui peut exciter les désirs. Ce quevous avez dit sur les avantages de cette entre-prise, lui a fait venir l’eau à la bouche.

\ ig., Prendre sur sa bouche, Épargner surla dépense de sa nourriture. Il prend sursa bouche les charités qu'il fait.

Fig. et fain., S’ôter les morceaux de labouche, Se priver du nécessaire pour se-courir OU obliger quelqu’un.

Fig. et pop., litre sur sa bouche, être su-jet à sa bouche. Etre gourmand.

I/t dé/tense de bouche, La dépense qu’onfait pour la nourriture.

Avoir bouche à cour, ou Avoir bouche encour, Être nourri dans la maison d’unprince : cela ne se dit proprement que Desofficiers de la maison du roi ou des princes,lorsqu’ils ont droit de manger à quelqu’unedes tables.

Vin de la bouche, Vin destiné à être servi6ur la table du prince.

BOU

Les officiers de la bouche, ou absolument,La bouche, Les officiers qui apprêtent àmanger pour le roi. Les officiers de la bou-che sont partis. La bouche est partie. On ditdans un sens analogue, Le service de la bou-che. — Les offices mêmes où l’on apprête àmanger pour le roi, s’appellent égalementLa bouche.

Bouche, se dit quelquefois Des person-nes mêmes, par rapport à la nourriturequ’elles consomment. Il a tous les jours dixbouches à nourrir. Les vivres commençant àmanquer dans la place, on en fit sortir toutesles bouches inutiles, Toutes les personnesincapables de la défendre.

Bouche, se dit également en parlant Deschevaux, et de quelques autres bêtes desomme et de voiture. La bouche il’un cheval,il un mulet, d’un âne. Un cheval qui a labouche fraîche, la bouche échauffée. Un che-val qui a ht bouche bonne, fine, tendre, dé-licate, la bouche mauvaise, égarée, forte.

Ce cheval est fort en bouche, il n'a pointde bouche, Il n’obéit point au mors; et, Iln’a ni bouche, ni éperon, Il est fort en bou-che et dur à l’éperon.

Fig, et fam., N’avoir ni bouche, ni épe-ron, F.tre stupide et insensible, ne s’émou-voir de rien. Cet homme est fort en bouche,Il parle avec beaucoup de véhémence et dehardiesse. Cette derniere façon de parler estpeu usitée.

Bouche, se dit aussi en parlant De cer-tains poissons, des grenouilles, etc. Bouchede saumon, de carpe. La bouche d’une gre-nouille.

Bouche, se dit, par extension et par ana-logie, de Plusieurs sortes d’ouvertures. Labouche d’un four, d'un tuyau, il’un puits,d'un volcan, etc. Iji bouche d'un canon, d’unmortier. Les artilleurs disent plus ordinai-rement, L’embouchure d’un canon, tl'unmortier, etc.

Bouche de chaleur, Ouverture pratiquéesur les côtés d’une cheminée ou d’un poêle,au moyen de laquelle la chaleur se commu-nique dans l’appartement.

Exposer une troupe à la bouche du canon,La conduire, In placer fort près de l’artil-lerie de l’ennemi.

Bouche à feu, est le terme générique parlequel on désigne Les canons, mortiers,obusiers, pierriers, etc. Il y avait tant debouches à feu.

Bouche, se dit encore, surtout au plu-riel, Des embouchures par où de grandsfleuves se déchargent dans la mer. Les bc.u-ches du Nil. Les bouches du Danube. Lesbouches du Gange. Les bouches du Cattaro.Le departement des Bouches-du-Rhône.

BOUCHÉE, s. f. Morceau d’aliment solidequ’on met dans la houcheen une seule fois.Une bouchée de pain. Une bouchée de viande.Il n’y en a qu’une bouchée.

Par exagérai., Ne faire qu'une bouchée dequelque mets, Le manger avidement etpromptement. On lui servit un poulet, dontil ne. fit qu'une bouchée.

Fig. et fam., Il n'en ferait qu'une bouchée,se dit Pour exprimer la facilité avec laquelleun homme grand et fort vaincrait, dansun combat, un adversaire beaucoup plus |faible que lui.

BOUCIIEn. v. a. Fermer une ouverture.

BOU

Bouclier un trou. Boucher un tonneau. Boucherune bouteille. Boucher une porte. Boucher unefenêtre. Se boucher le nez. Se boucher lesoreilles. Se boucher les yeux. On l’emploieaussi avec le pronom personnel régime di-rect. L’ouverture s’est tout à fait bouchée.

Boucher un passage, un chemin, une ave-nue, etc., Empêcher par quelque obstaclequ’on n’y puisse passer. Nous aidons bouchétous les passages à l’ennemi. L'infanterie bou-chait les défilés.

Boucher les vues d’une maison, Murercelles de ses fenêtres qui voient de tropprès sur une propriété voisine, contraire-ment à la coutume, à la loi. On l'a obligéà boucher ses vues.

Boucher la vue d'un objet, Empêcher del’apercevoir. Ce bâtiment, ce bois, ce mur,bouche la vue du jardin.

Fig., Se boucher les yeux, Ne vouloir pointvoir; et, Se boucher les oreilles, Ne vouloirpoint écouter.

Fig. et fam., Boucher un trou, se ditD’une somme d’argent qui sert à payerquelque dette, ou à dédommager de quel-que perte.

Bouché, ée. participe.

Fig. et fam., Avoir l'esprit bouché, êtrebouché, Avoir peu d’intelligence, ne pouvoircomprendre les choses les plus simples. Ila aujourd’hui l’esprit si bouché, qu'on ne peutrien lui faire comprendre. Il faut que ce gar-çon-là soit bien bouché.

BOUCHER, s. m. Celui qui tue des bœufs,des moutons, etc., et qui en vend la chaircrue en détail. L'étal d’un boucher. Un cou-teau de boucher. Garron boucher.

Fig., C’est un boucher, un vrai bouclier,se dit D’un homme cruel et sanguinaire. Ilse dit aussi D’un chirurgien maladroit, etDe celui qui opère sans ménagement pourle patient.

ROUCHÈKE. s. f. Celle au! vend de laviande crue, ou La femme d’un boucher.

BOUCHERIE, s. f. L’endroit où un bou-clier tue les bœufs, les moutons, etc-, ctL’étal où il en vend la chair en détail. Lesboucheries sont fermées, sont ouvertes. A" erà la boucherie. Acheter de la viande a !aboucherie. Manger de la viande de boucherie.Dans quelques grandes villes, et particuliè-rement à Paris, les boucliers ne tuent po' nle bétail chez eux; mais on n’en lionne pf smoins à leur boutique le nom de Boucher 1 ■Voyez Au vttoir. >

Prov., Il n 'a pas plus de crédit qu'un chieà la boucherie, Il n’a aucun crédit, il ne p erien dans cette affaire.

Boucherie, signifie, figurément, Tuci>®imassacre, carnage. Ce ne fut pas un corn> »ce fut une boucherie. Il se fit une grande 0 ^

cherie dans ce combat. Ces malheureux n

pouvaient se défendre, on en fit une hoiboucherie. . ie

Mener, envoyer des soldats à la bouc < . ’

Les exposer à une mort presque ccrtai

BOUCHE-TROU. s. m. T. dement. Il se dit d’Une personne qui nc , olirsqu’à faire nombre, à laquelle on n a rec ^qu’au besoin, pour remplir, tant luemal, une place vide, un cmçloi vac ?” l( ^e-comédien n’est pas bon, mais c’est tintrou. Il est familier.