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d’hommes, consumés par la faim, la soif, la fa-tigue, les maladies, les excès, le fer et le feude l’ennemi; une perte immense de forces, detemps et de capitaux ; l’accroissement du pou-voir de la cour de Rome, le goût des aventures,la passion des armes, le mépris des travaux pai-sibles, fixés dans toutes les têtes et devenantles traits caractéristiques du siècle ; tel a été leproduit net des croisades, tels ont été leurs ef-fets directs et immédiats : qui pourrait, sous cerapport, entreprendre leur apologie?
Aussi les écrivains qui ont voulu les présenterdans un jour plus avantageux, se sont-ils appli-qués à saisir et à mettre en saillie leurs suitesindirectes et éloignées. On a dit que ces expé-ditions lointaines, et les nouveaux objets qu’ellesfaisaient passer sous les yeux des croisés, avaientdû frapper les esprits les moins attentifs, étendreleurs idées, et leur offrir de nombreux pointsde comparaison : que l’autorité des rois avaitgagné par l’absence ou la mort de leurs vas-saux , et que les progrès de l’ordre social avaientété en raison directe de ces accroissements ;que le commerce des Vénitiens, des Pisans, desGénois, avait dû aux croisades son étendue, sonactivité et ses succès, et que, sans ces entrepri-ses, l’Europe n’aurait pas avancé à pas hâtifs,