INTRODUCTION. • 5 J
comme elle l’a fait, dans la carrière de la civili-sation.
Remarquons d’abord que dans cette chaîne4 immense de causes et d’effets, dont se composef l’histoire du monde, il n’y a point de folie niI de crime qui, de près ou de loin, ne pùissent| amener quelque chose d’utile ; mais du momentoù ces suites heureuses n’ont pas été prévuespar l’agent, on ne saurait lui en faire un mérite.A la vérité, dans l’enchaînement général de l’u-nivers, les évènements dirigés par l’intelligenceinfinie, préviennent, expient ou corrigent leseffets des crimes et des erreurs des hommes;mais il ne s’ensuit pas que ces crimes et ces er-reurs changent de nature. Comme aucune actionhumaine ne meurt stérile, il n’y en a aucunequi, au bout d’un certain espace de temps, semariant avec d’autres causes, n’ait peut-êtreproduit beaucoup de bien; mais souvent l’ac-tion n’en a pas moins été téméraire ou crimi-nelle, insensée ou coupable; ses effets immédiatsappartiennent seuls à son auteur, et forment sestitres à la honte ou à la gloire. Une fois jetéedans l’immensité, nous ne sommes plus respon-sables de ce qu’elle amène ; c’est la part du ha-sard, et non celle de l’homme. Ainsi les croisadespourraient avoir fait, par l’enchaînement des