l6o INTRODUCTION,
s’ouvrir de nouveaux débouchés; mais, afin derester toujours sur la ligne du vrai, n’oublionspas que Venise, Gènes, Pise, étaient parvenues,à l’époque des croisades, à un haut degré deprospérité; qu’elles étaient déjà en relations decommerce avec Constantinople; et que les Ara-bes d’Espagne faisaient, bien avant cette épo-que, par l’Egypte et les côtes de la Syrie, lecommerce de l’Inde.
Le plus grand bien que les croisades firent àl’Europe, fut le mouvement qu’elles lui impri-mèrent , et la forte impulsion qu’elles donnèrentà tous les peuples. Les esprits étaient paralysés.Il fallait leur rendre l’usage de leurs forces parune commotion violente et soudaine. Le moyenqui l’opéra, fut une idée dominante. Elle étaitfausse, absurde même; mais c’était une idée :c’était déjà beaucoup que cette espèce d’empireque l’intelligence exerçait sur la matière. Quandla société marche, et que l’activité générale tendpar des moyens lents et insensibles à un per-fectionnement réel, ce serait délire ou crimeque de produire, dans le dessein d’électriser lesesprits, un mouvement subit et universel, donton ne pourrait calculer les effets, qui détruiraitle travail de la civilisation et dissoudrait la so-ciété dans ses éléments : mais quand toutes les