CHAPITRE I. 169
eux cette classe active de citoyens, qui parais-sait être la véritable source de la richesse na-tionale.
Dans plusieurs pays elle avait déjà pris nais-sance; il suffisait d’étendre et de multiplier cesétablissements. En France, les rois de la maisonde Capet avaient employé ce moyen efficace dese ménager des ressources pécuniaires, et d’op-poser un contre-poids au pouvoir de la noblesseet du clergé. Louis YI fut le premier qui créades corporations d’artisans dans plusieurs dis-tricts de ses domaines; il leur donna le droit dechoisir leurs magistrats et de porter les armes,et les communes reconnaissantes le soutinrentcontre l’aristocratie féodale.
Cet exemple fut suivi en Angleterre et enAllemagne. Les relations de l’empire germani-que avec l’Italie y avaient fait connaître des objetsde jouissance et de luxe , que le travail et l’in-dustrie pouvaient seuls donner les moyens d’ac-quérir. Les mines du Hartz, et la culture de lavigne sur les bords du Rhin, étaient des sourcesde richesse insuffisantes ; on tâcha de s’en ou-vrir de nouvelles. Les arts se multiplièrent. Ilscherchent la sûreté et le repos ; et, pour tra-vailler avec succès, ils ont besoin les uns desautres. Les artisans, conduits à se rapprocher