176 PARTIE I. - PERIODE I.
obligés de s’humilier devant cette associationde simples marchands.
Ainsi la liberté civile avait amené l’industrie,l’industrie avait appelé le commerce ; la richessenationale se formait dans plusieurs pays. Il setrouvait dans les villes des capitaux considéra-bles , nés de l’excédant annuel des productionssur les consommations. Ces capitaux, appliquésà de nouvelles entreprises, se reproduisaienteux-mêmes, et pouvaient être employés à desobjets d’utilité générale. La puissance nationaleexistait déjà, et la puissance publique devaitnécessairement en résulter. Ces effets ne s’an-noncèrent , dans la plupart des états de l’Europe,d’une manière frappante, que vers la fin duquinzième siècle. Ce fut alors qu’on put voirclairement que le travail était la véritable basede la société civile. Les guerres sanglantes entrela France et l’Angleterre, qui commencèrent sousPhilippe de Valois et durèrent jusque sous le1436. règne de Charles VII; les discordes civiles quiagitèrent l’Angleterre pendant plus de quaranteans; les troubles de l’Allemagne, qui ne devin-rent plus rares que depuis l’avènement de Fré-déric III au trône impérial, avaient empêché ledéveloppement rapide de tous les germes d’ac-tivité, d’opulence, de civilisation, que la création