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Tome premier.
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a86 PARTIE I. - PÉRIODE I.

semblait vouloir effacer par ses transports l’ac-cueil qu’il avait fait aux Français. D’Aubigny etMontpensier tâchent de suppléer au nombrepar la vigilance et l’activité; ils se multiplientpar la rapidité de leurs marches, et la bravourede leurs troupes les seconde. Ferdinand-le-Ca-tholique n’avait envoyé au secours du roi deNaples que peu de troupes ; mais à leur tête étaitGonzalve de Cordoue qui lui seul valait une ar-mée. Ce général, connu dans l’histoire sous lenom de grand capitaine, que lui décernèrent sescontemporains, le méritait par ses services etses talents. Réfléchi, prudent, rusé, il mettaitdans ses opérations plus d’art que d’audace :dans un siècle chevaleresque il ne connaissait nila loyauté, ni la franchise, ni les procédés no-bles et délicats d’un vrai chevalier : digne ins-trument des desseins de son maître, aussi dissi-mulé, aussi fourbe que lui, il avouait hautementqu’il préférait le succès à l’honneur. Sa présenceavait rendu le courage aux Napolitains. En vaind’Aubigny gagne la bataille de Seminara ; cettevictoire n’améliore pas l’état des Français. Leurroi, perdu dans le tourbillon des courses et desfêtes, paraissait avoir oublié les vicissitudes dela fortune ; la même légèreté qui lui avait faitentreprendre cette folle expédition, le consolait