CHAPITRE IV. 287
de ses revers. Bientôt il apprend que toutes sesconquêtes en Italie sont perdues ; Montpensierest mort de la peste dans l’île de Procida; et lesmalheureux Français qui ont échappé à la fa-mine, à la maladie ou au fer de l’ennemi, revien-nent en France dans le plus déplorable état.
Telle fut l’issue d’une guerre entreprise sans T / )9 6‘nécessité, commencée sous les auspices les plusfavorables, et terminée avec gloire, mais sansaucune espèce d’avantage réel pour la France.Cette guerre avait donné aux autres puissancesdes idées nouvelles; des dangers nouveaux firentnaître de nouveaux moyens de les conjurer; lacoalition formée à Venise contre les Françaisforme une époque mémorable dans l’histoire dela politique. Ce fut un premier essai, imparfaità la vérité, mais fécond en conséquences. Alorsdéjà se montrèrent les inconvénients presqueinséparables de ces ligues de puissances diviséesd’intérêts, et momentanément rapprochées. Tousveulent retirer des avantages de la ligue, et ycontribuer le moins possible. Chaque état a sesvues particulières auxquelles il sacrifie, ouverte-ment ou en secret, le plan général ; les jalousieset les rivalités nationales empêchent tout accorddurable. Les alliés se défient les uns des autresplus que de l’ennemi commun, et redoutent