288 PARTIE I. - PÉRIODE I.
leurs succès presqu’autant que les siens. LesVénitiens firent presque seuls les frais de lacampagne contre Charles VIII, et en portèrentseuls la perte. Les membres de la coalition,voyant qu’ils avaient obtenu leur but, qui étaitde faire sortir les Français de l’Italie, conclu-rent avec eux des traités particuliers, et, se crai-gnant réciproquement l’un l’autre, ne mirentplus, après la bataille de Fornoue, aucune es-pèce d’activité dans leurs opérations.
Mais Charles méditait une nouvelle expédi-tion en Italie : il voulait effacer sa honte, ven-ger ses injures, et regagner ses conquêtes.L’argent manquait; on augmenta de nouveaula taille de quatre cent mille livres, et on de-manda aux principales villes du royaume defournir les sommes nécessaires pour équiperune flotte. Paris fut taxé à cent mille écus. Maisles sommes demandées ne rentraient pas; et,fussent-elles rentrées, elles n’étaient pas suffi-santes. Le duc d’Orléans, qui devait prendre lesdevants et commander une partie de l’armée,craignait de quitter la France dans un momentoù la santé du roi paraissait chancelante. Charleslui-même ne pressait pas les préparatifs avecsa vivacité ordinaire : l’amour ralentissait sonardeur; il était épris d’une des filles d’honneur