314 PARTIE I. - PÉRIODE I.
sa faveur, en armant contre la France et l’Au-triche leurs ennemis naturels; elle fait des pro-positions à l’Angleterre et à la Porte-Ottomane.Ces puissances se refusent à ses désirs. La répu-blique ne perd pas courage ; elle compte surl’étendue de ses ressources. La faiblesse d’unepartie de ses ennemis, le défaut de prévoyancede l’autre, et la haine secrète qu’ils se portent,principe de division commun à tous, lui don-nent de justes espérances. Elle se résout à fairetête à l’orage. L’activité de son commerce etcelle de ses manufactures, qui rendent l’Europesa tributaire, ont attiré dans son sein un nu-méraire immense, et, avec de l’argent, elle estsûre de voir accourir sous ses drapeaux les con-dottieri les plus célèbres. Ses arsenaux sont rem-plis de munitions de toute espèce et d’ouvriershabiles; ses sujets sont riches et attachés à ungouvernement sage et doux, qui leur assureprotection et sûreté. La résolution de se défen-dre, plutôt que de souscrire à des conditionsdéshonorantes, triomphe dans le sénat par l’élo-quence de Trevisani. Maximilien, qui manquetoujours d’argent, ne se mettra pas le premieren campagne; on se contente de garnir les pas-sages des Alpes, du côté par lequel il pourraitpénétrer. Ferdinand, qui tâche de profiter de