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Tome premier.
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CHAPITRE VI.

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tout, sans jamais faire de grands sacrifices, n’en-verra pas les flottes qui doivent porter le ravagedans le golfe Adriatique. Louis XII est seul àcraindre; sa bonne foi, ses ressources, son ac-tivité ne permettent pas de douter qu’il nepousse la guerre avec vigueur : aussi c’est contrelui que Venise rassemble toutes ses forces. Lerendez-vous général de l’armée vénitienne està Pontevico sur l’Oglio ; on y compte plus dedouze mille chevaux et près de trente mille hom-mes d’infanterie. Les troupes marchent sous deuxgénéraux, l’Alviane et Pitigliano; l’un, ardentjusqu’à l’audace, l’autre, prudent jusqu’à la ti-midité , ils auraient pu servir de correctif l’unà l’autre ; mais trop opposés de principes et tropattachés à leurs idées, ils ne font que se nuireréciproquement. Cependant l’armée françaisepasse l’Adda à Cassano, position importante queles généraux vénitiens ont négligé d’occuper,et attaque les Vénitiens près d’Agnadel dans la '* maiGhiarra d’Adda. Les troupes de la république y J 9sont entièrement défaites. L’Alviane blessé estfait prisonnier. Dans le même temps, Jules nese contente pas de lancer les foudres de l’excom-munication, que Venise et son clergé méprisent;il s’avance dans la Romagne à la tête d’une ar-mée , et toutes les villes se rendent à lui, àl’exception de Ravenne.