33 /| PARTIE I. - PÉRIODE I.
grand théâtre, maniait à son gré les passions deses compatriotes, et les enflammait par une élo-quence agreste, mais entraînante. Les Suisses,excités par ses discours, étaient entrés en Bour-gogne, au nombre de vingt-sept mille; et n’y ren-contrant point de résistance, ils attaquèrentDijon. Henri, après la journée de Guinegate,pouvait porter la terreur dans les murs de Paris;on le craignait : les Suisses, s’avançant d’un autrecôté, lui auraient donné la main sous les mursde la capitale ; mais la France fut sauvée par lesfautes de ses ennemis. Henri, abusé par Maxi-milien, assiège Tournai, conquête stérile. LaTrimouille engage les Suisses à se retirer, enleur promettant quatre cent mille écus; il leuren paie vingt mille. Le traité fut désavoué parLouis; La Trimouille l’espérait bien en le con-cluant, mais il avait produit son effet. Louis XII,sorti de ce danger imminent, prend le parti decéder aux circonstances, et de ne plus luttercontre sa mauvaise fortune. Il se réconcilie avecle pape Léon X, successeur de Jules, qui avaitsuivi son système,sans hériter de son caractèreet abjure le concile de Pise. Il laisse le Milanezà Maximilien Sforze ; les Suisses gardent les bail-liages de Lugano, Locarno, Mendrisio et Val-Maggia. Le roi de France donne un million à