CHAPITRE VIII. 357
glants démêlés; telles les deux puissances, qui,pour s’empêcher réciproquement de devenirdominantes, luttèrent quatre fois l’une contrel’autre. Henri VIII aurait pu prévenir ces guerrescontinuelles, s’il avait eu assez de sagesse et defermeté pour se déclarer toujours contre le pre-mier agresseur ; mais, séduit par les flatteriesde Charles, subjugué par Wolsey, à qui l’argentet l’espérance de la tiare faisaient perdre devue les vrais intérêts de sa*patrie, Henri VIII,par sa versatilité et un défaut total de principesflxes, ne fit que multiplier les guerres. Il étaitégaré par la vanité, comme François l’était parl’amour de la gloire, et Charles par l’orgueil etl’ambition. Le roi d’Angleterre, également in-téressé à la conservation et à la puissance de laFrance et de l’Espagne, pouvait et devait main-tenir l’équilibre : peu s’en fallut qu’il ne fûtperdu pour toujours, et que l’Espagne n’établîtun système de domination qui, ne laissant auxautres états qu’une indépendance apparente ouprécaire, n’eût bientôt offert en Europe qu’unmaître et des esclaves. Ce genre de monarchieuniverselle, le seul que l’Europe ait eu à re-douter dans les temps modernes, consisteraitdans la prépondérance décisive d’une seule puis-sance, telle qu’elle ne permît aux autres de