4oo PARTIE I. - PÉRIODE II.
L’Italie fut le théâtre où parurent tous ceséclatans phénomènes du génie, qui honorentl’espèce humaine, font oublier ses crimes, etconsolent de ses malheurs. L’Italie eut la gloired’éclairer deux fois le monde. Une famille puis-sante qui n’employa ses richesses qu’à encou-rager les lettres, qui aimait les lumières parcequ’elle avait assez de mérite pour ne pas lescraindre, et qui accordait aux savants cette ap-probation éclairée, plus précieuse et plus rareque l’or et les dignités ; un souverain qui pos-sédait à un degré éminent ces qualités caracté-ristiques et héréditaires de sa maison , ont donnéleur nom à cette belle époque de l’histoire del’esprit humain. On l’appelle le siècle des Médi-cis, ou celui de Léon X. Cette période éblouis-sante commence bien avant lui, elle s’étend fortau-delà de sa mort; mais il a paru dans le mo-ment le plus favorable , et il a beaucoup faitpour les lettres durant son court pontificat.Charles-Quint a coexisté avec les grands hom-mes de ce siècle; mais il ne rendait pas auxmuses un véritable culte, et les hommages qu’illeur a quelquefois offerts n’étaient pas les hom-mages du cœur. François I s’intéressait à leurssuccès; il était fait pour applaudir à leurs tra-vaux, et même pour les apprécier. On sait qu’il