4o4 PARTIE I. - PÉRIODE II.
nières n’exercent toute leur influence que surles êtres dénués de raison et de liberté.
Aucune des causes morales elles-mêmes, nil’éducation, ni la religion, ni la forme du gou-vernement, ni la protection accordée aux gensde lettres, prise isolément, ne paraît être unedes conditions absolues du développement del’esprit humain : souvent on les rencontre chezun peuple, sans qu’elles produisent l’effet dé-siré; plus souvent l’effet existe, et elles n’ontpu y contribuer en rien. L’éducation est déci-sive pour les hommes ordinaires; le génie refaitpresque toujours la sienne, et il atteint unegrande hauteur malgré le vice de celle qu’il areçue : d’ailleurs, les progrès de l’art et de l’édu-cation supposent déjà qu’il y a beaucoup delumières chez un peuple, et ne peuvent pas ex-pliquer leur origine. Qui a élevé Homère, Dante,Shakespeare, et tous ceux qui ont donné lepremier mouvement à leur nation ? Une religionsensible et poétique peut sans doute fournir auxarts de beaux sujets et des motifs d’émulation;mais les Romains avaient adopté la mythologiedes Grecs, et cependant ils n’ont point eu degrands artistes indigènes. L’Espagne est catholi-que comme l’Italie, et elle n’a produit ni desMichel-Ange, ni des Raphaël. La religion du