36 PARTIE II. - PÉRIODE II.
avantages de la vie des camps; ce règne pacifiquene convenait pas à leur humeur belliqueuse; lepeuple même avait besoin de mouvement. Lesvrais citoyens ne pouvaient admirer une reinequi s’entourait d’étrangers, les comblait de pré-férences et de distinctions flatteuses, et paraissaitmépriser ses sujets. Christine aurait dû être fièrede gouverner une nation bravé, généreuse, quis’était couverte de gloire et qui savait concilierl’amour de la liberté et l’amour de ses rois ; maisbien loin quelle parût sensible à cet avantage,la place quelle occupait semblait être un fardeaupour elle. Les instances du peuple et du sénat,qui la conjuraient de choisir un époux et d’assu-rer la succession dans la maison de Wasa, aug-mentaient pour elle les ennuis du trône. Jalouseà l’excès de son indépendance, et craignant dese donner un maître dans la personne d’unépoux, elle se refusait aux vœux de sa nation ;mais afin de prévenir les troubles que sa mortpouvait occasioner, elle désigna pour son suc-cesseur Charles Gustave, prince palatin, son6/19. cousin , et elle fit ratifier son choix par les Etatsdu royaume. Charles, voulant prévenir les dé-fiances de la reine et paraître étranger à touteintrigue, fixa son séjour dans l’île d’Oeland. et yvécut dans la retraite.