42 PARTIE U. - PÉRIODE IX.
avait dissimulée avec art dans sa retraite de l’îled’Oeland, tant que Christine avait régné. Sonnaturel, ses habitudes, ses principes le portaientà la guerre. Il avait fait ses premières armes enAllemagne, et il s’était formé à l’école de Tor-stenson. La réputation de Gustave Adolphe, etcelle des autres généraux suédois qui l’avaientremplacé à la tête des armées, avaient inspiréà Charles Gustave une funeste émulation, etlui avaient persuadé que la gloire militaire étaitla première de toutes. Brave, actif , entre-prenant , il aimait de préférence les projetsvastes et difficiles, et, à la hardiesse d’imagi-nation qui les conçoit, il joignait l’audace et lapersévérance qui les exécutent. La justice, l’uti-lité même des entreprises cédaient à l’espé-rance du succès; l’éclat et la gloire légitimaienttout à ses yeux. Les victoires l’enivraient, et,dans cette ivresse, ses prétentions ne connais-saient point de bornes ; les revers l’irritaient,et il pouvait s’oublier jusqu’à commettre descruautés inutiles; fier, mais naturellement ma-gnanime et généreux, dans ces moments, il nese ressemblait plus à lui-même. Placé à la' têted’une nation belliqueuse, entouré d’officiers quisupportaient impatiemment le repos, il ne régnaque pour faire la guerre, et parut sur l’horizon