210 PARTIE II. - PÉRIODE III.
A ces causes générales, qui, de tout temps,ont été les conditions du développement de l’es-prit humain, et qui, modifiées par les localités,agirent alors toutes en France, se joignirentencore des causes particulières, qui renforcè-rent l’action des premières, et qui eurent beau-coup d’influence sur les progrès de la poésie,de l’éloquence, des arts libéraux, et même dessciences exactes.
Richelieu avait attiré les grands propriétairesdans la capitale, afin de pouvoir les surveillerde plus près, et sa politique jalouse avait faitde Paris la première ville du royaume. C’étaitrendre un grand service aux lettres que d’offriraux sciences et aux arts un centre et un pointde ralliement. Si l’esprit humain doit atteindreun haut degré de perfection, il est nécessairede lui offrir beaucoup de points de comparai-son, afin que la circulation des idées en aug-mente le nombre et la richesse, et que les têtess’électrisent par le frottement. Les grandes villesont été et seront toujours le foyer des talentset la serre chaude des arts. Le génie peut sansdoute enfanter dans la solitude des concep-tions sublimes; il est même des genres qu’onne peut cultiver avec succès que dans l’isole-ment et la retraite; mais il en est d’autres qui