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P A H T J Ii II. - PKKIÜD E
troue éblouissant de Louis XIV; elle a cru devoirchanger de mœurs et de langage; en le faisant,elle a perdu ses grâces naïves.
La bible, qui appartient à la poésie didactiquepar son but, est un petit poème épique, dontles plantes et les animaux sont les héros, leschamps et les forêts le théâtre, et auxquels lesincidents les plus insignifiants et les plus légers1695 servent su j e t. L’inimitable La Fontaine auraitcréé l’apologue s’il n’avait pas été inventé, carson génie portait naturellement des fables; et,comme disait l’ingénieuse la Sablière, c’était unfablier. Le bon homme ira plus loin que nous,répétait Molière à ses amis, et si La Fontaine 11eles a pas laissés derrière lui, du moins il s’estplacé à leur côté, et il est allé tout en contantet sans s’en douter, à l’immortalité. Quel admi-rable mélange d’imagination, de sensibilité etd’une philosophie douce et profonde! quellesimplicité inimitable ! 11 crée et répand ses ri-chesses sans le vouloir et sans le savoir, et c’estcette heureuse ignorance qui lui donne cettefacilité, cet abandon, cette naïveté, qui appelletour à tour le souris et les larmes. On ne peutle comparer avec aucun auteur ancien ou mo-derne ; on essaierait en vain de l’imiter; 011 doitdésespérer de le voir reparaître, à moins que la