CHAPITRE XXII.
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gré éminent, et il y joignait l’art de dessiner lescaractères avec autant de correction que d’unité,de lier toutes les parties de sa création, de sim-plifier la marche, de graduer l’intérêt, d’animertoutes les scènes de ses tragédies; il avait sur-tout une magie de style dont il paraît avoir em-porté le secret; il ne dit jamais ni trop ni troppeu ; il n’est ni au-dessus , ni au-dessous de sonsujet, et il règne toujours chez lui une harmo-nie parfaite entre les choses qui se font et cellesqui se disent.
Les autres nations disputent à la nation fran-çaise le mérite de ses tragédies, ou du moins laprééminence dans la tragédie; mais toutes lesnations conviennent que les comédies françaisessont les premières de toutes, et en effet, jamaispeuple n’a excellé dans ce genre comme lesFrançais. Ce phénomène s’explique facilement.La comédie est la peinture des mœurs et desridicules de la société. Le Français est naturelle-ment sociable; les sociétés sont nées en France;elles y ont été de bonne heure un besoin denécessité première. Une gaieté franche et aima-ble, une malice douce et spirituelle sont destraits du caractère national, et elles sont l’amede la comédie. Un peuple vif jusqu’à la pétu-lance, et qui est dans un mouvement continuel,\ i5