q3u PARTIE IJ.-PÉRIODE III.
genre d’éloquence que la France ne pouvait pasconnaître, c’est l’éloquence politique, qui nepeut exister que dans les républiques ou dansles gouvernements mixtes. La France adopta etconnut l’éloquence du barreau; elle créa ouressuscita l’éloquence de la chaire. Mais la pre-mière était souvent déplacée, là où il ne s’agissaitque d’éclairer et non d’émouvoir, et elle man-quait souvent de grands sujets qui lui permissentde déployer toutes ses forces. Patru, Cochin,et plus tard d’Aguesseau ont été les modèlesdu barreau. Patru n’était que sage et correct;c’était beaucoup de réformer le mauvais goûtde son temps. Cochin, plus animé, ne fut pasétranger aux mouvements oratoires. D’Agues-i/5i. seau, dans ses mercuriales, toujours pur, noble,élevé, offre plus d’idées que d’imagination etplus d’esprit que de sensibilité. Massillon, Bour-daloue, Bossuet et Fléchier disputent à Cicéronet à Démosthène, dans un ordre de sujets toutdifférents, la palme de l’éloquence. L’orateursacré a des difficultés à vaincre qui étaient in-connues aux anciens, mais d’un autre côté il ades moyens de frapper, d’attendrir et d’émouvoirque la religion chrétienne seule pouvait fournir,mon Bourdaloue, logicien sévère, a dans son style unpeu de l’austérité de ses principes ; il paraît