CHAPITRE XXlt.
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ne possède autant de livres bien faits, solides,profonds, instructifs, et en même temps agréa-bles. Nulle part on ne trouve autant d’ouvragesqui offrent un heureux mélange d’esprit et deraison, d’imagination et de sentiment, de faitset d’idées, où sans perdre de vue l’objet prin-cipal et l’unité de but, on répande plus de cettevariété qui éclaire et délasse en présentant àl’esprit une foule de rapports divers; où le style,à la fois clair et précis, épargne au lecteur la fa-tigue de l’obscurité et l’ennui des longueurs, etoù l’on arrive à des résultats frappants par unemarche rapide et sûre. Quel que soit le méritede la poésie française, la prose française en apeut-être encore davantage, et a contribué plusque la poésie à la prodigieuse fortune qu’a faitela littérature. La poésie est une espèce de luxedes nations civilisées; la prose est un objet denécessité première ; elle est le véhicule des idéeset des sentiments, sur lesquels roule la société.La perfection de la prose française tient égale-ment au génie de la langue et à celui de la na-tion qui la parle. Cette langue, qui suit l’ordrelogique des idées, qui, pour éviter les équivoquesauxquelles sa pauvreté l’expose, veut qu’ondétermine avec soin le sens de chaque expres-sion , qui débarrasse toujours la phrase princi-