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Tome quatrième.
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236 EA11TJE ] 1. -i— PÉRIODE 111.

pale de toutes les phrases incidentes, et ne permetjamais à un auteur d’être obscur, est éminemmentla langue de la raison. Elle ne se refuse pas auxbesoins de l’imagination; elle est même admirablepour peindre en poésie les mouvements despassions et les affections du cœur; mais la lan-gue italienne est plus harmonieuse et plus tendré,l’espagnole plus majestueuse et plus romantique,l’allemande plus riche et plus métaphysique,l’anglaise plus hardie et plus libre dans ses in-versions et dans sa marche, et aucune de ceslangues n’est peut-être aussi propre que la fran-çaise à porter l’évidence et la lumière dans l’es-prit, à suivre et à rendre fidèlement les modifi-cations de la pensée; car la précision et la clartéla caractérisent. Elle doit conserver ce caractère,et le conserve en effet dans les grands écrivains,quel que soit le ton quelle prenne ; qu’il soittendre dans Fénélon, véhément dans Bossuet,mâle et ferme dans la Bruyère, impérieux dansBousseau, magnifique dans Buffon, léger et ra-pide dans Voltaire. L’heureux équilibre de raisonet d’imagination, de sentiment et de finesse, quiconstitue le fond de l’esprit national, et qu’onretrouve dans tous les bons auteurs, a passédans la langue même, et a donné à la prosefrançaise la perfection qui la distingue ; dans tous