244 PARTIS II. - PÉRIODE III.
avec une sorte d’élégance. Déjà sous Henri IV,d’Ossat en avait donné l’exemple. Les collectionsdes dépêches et des Mémoires de d’Avaux, ded’Estrades, de Torcy sont précieuses, non seu-lement pour ceux qui se forment aux affairespolitiques, mais pour tous ceux qui veulent con-naître l’esprit du gouvernement en France,sousle règne de Louis XIV. Les lettres de Bussy Ra-butin, de madame de Maintenon , de madamede Sévigné, n’ont pas le même ton ni le même£enre d’intérêt que celles de Cicéron et dePline; mais elles en ont un autre qui, pourêtre différent, n’en est pas moins précieux, etelles servent à fixer la physionomie du siècle,mort en Bussy ne manque pas d’esprit, mais il manquel6 ^ 3 ' de naturel, et l’art ne pouvait pas lui inspirerces heureuses négligences qui sont l’ame dustyle épistolaire. Les lettres de madame de Main-tenon sont plus simples, mais elles ne le sontpas assez ; on y reconnaît une femme qui vivaittoujours dans la représentation et dans la con-trainte, et qui craint que son secret ne luiéchappe; il y a de la finesse et quelquefois dutrait dans ses lettres, mais aucun de ces mou-vements de l’ame, de ces accents involontairesdu cœur, qui établissent une liaison intime entrel’écrivain et le lecteur, et vous font trouver et