Band 
Tome quatrième.
Seite
253
JPEG-Download
 

CHAPITRE XXII.

2.53

ici qu’esquisser rapidement les progrès de l’es-prit humain, sous le règne de Louis XIV, dansla poésie et dans l’éloquence. La raison en estsimple et évidente. La littérature d’une nationappartient à la nation tout entière, emprunted’elle son caractère, et lui donne le sien; ainsi,elle peut et doit être considérée comme le signeet l’effet de la richesse et de la puissance desétats. Les sciences, au contraire, dans leursdéveloppements, marchent souvent à côté dela nation, au sein de laquelle un petit nombred’hommes d’élite les cultivent avec succès. Ellesreçoivent bien moins que la poésie et l’éloquence,leur mouvement et leur direction de la situationpolitique d’un peuple et du caractère de songénie. A leur tour, elles ne le modifient quelentement et indirectement, et ne peuvent ja-mais être regardées comme l’expression de saphysionomie nationale. Les philosophes et lessavants français ne devaient donc trouver leurplace dans ce tableau qu’autant que leurs ou-vrages faisaient partie de la littérature, et ils nepeuvent lui appartenir que par la perfection deleur style. Malebranche et Fénelon seront tou-jours de grands écrivains, quelle que soit la des-tinée de leurs opinions; le style de Bayle, sou-vent incorrect, presque toujours lâche et diffus,