■i6a PARTIE II. - PÉRIODE III.
on se contentait de soupçonner leur existenceet de les apercevoir confusément. Sans perdredu temps à les prouver, le talent les suivaitavec toute la confiance de l’instinct. D’ailleurs,une cour aimable, gaie et passionnée pour leplaisir, avait encore plus besoin de jouir quede s’instruire; elle était plus avide de sensationsvariées et de sentiments délicats, que de rai-sonnements et d’idées abstraites. Quiconqueveut être lu par la postérité doit être supérieurà son siècle; mais, comme on ne parvient à lapostérité que par l’entremise de ses contempo-rains, on doit tâcher de leur plaire, et dansle choix des sujets consulter un peu l’opinionpublique.
Il n’est donc pas étonnant que la poésie etl’éloquence aient été cultivées en France, à cetteépoque, plus généralement que les sciences.Cependant, elles ne le furent pas exclusivement,et ce serait une grande erreur de croire que lessciences ne doivent rien au siècle de Louis XIY.Toutes celles qui observent et calculent lesforces de la nature lui doivent beaucoup, etil les a enrichies d’une multitude de faits pré-cieux. On n’avait pas encore la prétention detout expliquer au moyen d’une ou deux for-mules, de construire des mondes avec quelques