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Tome quatrième.
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CHAPITRE XXII.

2ÔI

éducation et pour les faire avancer d’un pas ra-pide. L’homme ne doit pas deviner la nature,il doit l’étudier ; elle lui révèle rarement sessecrets, il faut qu’il les lui dérobe avec art ; etoutre le talent de la patience, les découvertessupposent des circonstances favorables, des ha-sards heureux et des essais multipliés. Les le-çons de l’expérence sont tardives et coûteuses ,et d’ailleurs, l’imagination se développe toujoursavant la raison. La plupart des peuples ont eude grands poètes et d’excellents orateurs, avantd’avoir des philosophes d’un mérite, distingué.Il paraît que telle est la loi de la nature, et laFrance n’y a pas fait exception. Le premiermouvement d’une nation vive et spirituelle de-vait se diriger au dehors; elle devait naturelle-ment être plus portée à produire qu’à réfléchirsur les productions des hommes et de la na-ture, et à répandre ses sentiments et ses idéesdans le vaste champ des arts, sous des formessensibles et intéressantes , qu’à ramener sa pen-sée sur elle-même , pour s’engager dans de pro-fondes spéculations. Les chefs-d’œuvre devaientprécéder les théories; les actions et les travauxdivers de la vie sociale, devancer les règles etles principes. Le moment de les énoncer et de leslier systématiquement n’était pas encore venu ;