Band 
Tome quatrième.
Seite
289
JPEG-Download
 

CHAPITRE XXI II. 289

levant une organisation dont ils avaient abusé,avait fait une chose utile et commandée parla saine politique. Depuis lors, contents îlela liberté civile et religieuse, ils avaient res-pecté les lois, enrichi l’état par leurs travaux,défendu le trône par leur valeur, et ils mettaientleur gloire à contribuer à celle de leur patrie.L’unité régnait dans l’éKt, où elle est néces-saire; elle ne régnait pas dans l’église, où elleest impossible et où elle serait peut-être fu-neste. L’esprit de la religion catholique est dene pas composer avec ce qu’elle appelle l’erreur;se croyant éternelle, elle ajourne ses préten-tions à un temps indéfini, sans jamais les aban-donner ni les perdre de vue.. La haine et lajalousie contre les réformés survivant aux cau-ses qui les avaient fait naître, étaient plutôtassoupies qu’éteintes, et l’on travaillait sourde-ment à l’exécution d’un grand plan.

Depuis plusieurs années, les réformés, vusde mauvais œil par le gouvernement, étaientles objets de vexations sourdes ou même d’in- *justices ouvertes. Les évêques leur tendaient despièges et leur présentaient sans cesse des appâtsde conversion; les intendants leur suscitaientdes embarras dans les affaires les plus simples,et faisaient peser sur eux, plus que sur d’au-