2Ç)4 PARTIE II. - PÉRIODE IV.
simple et modeste par politique, sous le dehorsde la réserve et de la discrétion tourmentée dela soif de dominer, elle sut attirer à elle les af-faires les plus importantes, en gagnant toute laconfiance de Louis XIV, et elle lui fit trouverde la douceur à parler de tout avec une per-sonne qui lui paraissait entièrement dévouée etqui ne pouvait pas avoir d’autres intérêts queles siens. Si la seconde moitié du règne deLouis XIV n’a pas eu l’éclat de la première, ondoit l’attribuer en partie à l’empire de cettefemme, qui avait l’esprit plus fin que vaste, etqui, étrangère aux conceptions larges et gran-des , rétrécit et allanguit insensiblement l’amedu roi, lui suggéra souvent de petites vues, etlui dicta de mauvais choix. Comme son âge nelui permettait pas d’asseoir sur ses charmes l’es-pérance d’un crédit durable, elle tacha de bonneheure d’y suppléer en liant ses intérêts à ceuxde la conscience du roi, et en appelant la re-ligion à son secours ; malheureusement ce n’étaitpas la religion tendre, douce, épurée, sublimede Fénélon. Soit que madame de Maintenon fûtelle-même superstitieuse et dévote, ou qu’elleprît le langage et les habitudes de la dévotion,elle les donna bientôt au roi. Afin de l’occuperpendant que l’Europe était en paix , elle lui