3oa partie ij. — période: IV.
Cette émigration fut une véritable calamiténationale pour la France, porta un coup terribleà sa puissance, et lui fit plus de mal que n’au-rait pu lui en faire la guerre la plus longue etla plus sanglante. Non-seulement elle perdit unepartie de sa population ; elle se priva d’une foulede citoyens dignes de ce nom, illustres par leursservices, recommandables par leurs connais-sances et leurs talents, estimables par leurs ver-tus. Leur fermeté généreuse et les motifs quiles déterminaient à quitter leur patrie, donnaientà la France la mesure de leur mérite et devaientles lui faire regretter doublement. La plupartabandonnèrent leur fortune, car il était difficilede réaliser ses biens et de faire sortir ses capi-taux du royaume; cependant, la somme d’or etd’argent qui s’écoula de la France à cette épo-que, fut considérable, et ce numéraire alimentale travail des arts et augmenta le mouvementdu commerce dans les pays voisins. La Suisse,l’Angleterre, la Hollande, l’Allemagne s’empres-sèrent d’accueillir ces colons intelligents et la-borieux, qui naturalisèrent sur un sol étrangerde nouvelles branches d’industrie, et transplan-tèrent des productions et des procédés dont laFrance avait eu seule le secret, et dont elle avaitseule recueilli les fruits.