334 PARTIE II. - PÉRIODE IV.
était parti le premier, et débarqua à Kintyreen Écosse ; Monmouth lui avait promis de lesuivre au bout de dix jours; arrêté par des ventscontraires, il lui fut impossible de remplir sesengagements, et il ne fit sa descente dans lecomté de Dorset, que cinq semaines après. Lapartie d’Àrgyle était déjà perdue, et ce défautde concours fut une des causes qui firent man-quer toute l’entreprise.
Argyle et Monmouth avaient mal calculé leursmoyens ; la résistance qu’ils rencontrèrent futbien plus forte, les secours et les facilités bienmoindres qu’ils ne l’avaient espéré. Le parle-ment d’Angleterre et celui d’Écosse parurentdévoués à l’autorité légitime, et appuyèrent detout leur pouvoir les mesures que prit le roipour étouffer la révolte; le parlement d’Écossepoussa même le zèle au point de professer desprincipes qui tendaient au despotisme le plusabsolu. Argyle avait compté que d’abord aprèsson débarquement on viendrait le joindre detous côtés ; il se trompa. Le marquis d’Athol,son ennemi personnel, fut mis à la tète destroupes royales, et mit la plus grande activitéà le poursuivre. Le malheureux duc avait inu-tilement publié dans son manifeste, qu’il s’armaitpour défendre la religion et la liberté menacées,