336 PARTIE II. - PÉRIODE IV.
avec des transports de joie. Au lieu d’agir etde gagner de plus en plus l’opinion publique,en montrant du désintéressement et de la mo-dération , il se crut vainqueur ; il perdit dutemps, et aliéna tous les esprits par une suitede démarches fausses, et par une conduite in-sensée. Cédant aux pressantes sollicitations deses partisans, il se fit proclamer roi, mit la têtede Jacques à prix, appela le parlement uneassemblée séditieuse, et donna ordre au ducd’Albemarle, qui commandait les troupes royales,de poser les armes; en un mot, il parla en sou-verain légitime et puissant, et il ne parut plusaux yeux de la nation anglaise qu’un usurpateurplus ridicule que dangereux. Son rôle tendaità sa fin. De Taunton il se rendit à Bridgewater;battu à Sedgmoor par Feversham et Dumbarton,découvert dans sa fuite, il fut fait prisonnier;on le conduisit à Londres.
Le malheur avait brisé lame du duc; l’amourde la vie prit le dessus sur la fierté, et il n’y a;rien qu’il ne fit pour éviter le supplice. Jacques;eut avec lui un entretien qui, de la part deMonmouth se passa tout en bassesses, en prières,en marques de repentir. Le roi resta froid, etjla colère ne fit pas place un moment à la sen-sibilité. Monmouth offrit de se faire catholique ;i