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ni même de la pitié de ses ennemis. Recevant àchaque instant la nouvelle de quelque défection,j tourmenté de défiance et de soupçons, ne pou-vant s’ouvrir avec sûreté à personne, cet infor-I tuné monarque ne voyait aucune ressource dansI le présent; le passé lui offrait des souvenirsf cruels, et de sombres pressentiments lui faisaient| redouter l’avenir. Au lieu de prendre conseil dei son désespoir, de combattre, fût-ce sur les mar-i elles du trône, et de périr les armes à la main,plutôt que dé se laisser dicter des lois dans sacapitale, Jacques 11e vit de salut que dans larésignation ou dans la fuite, et prouva par ungrand exemple qu’on ne perd les couronnes quej par faiblesse, et que ceux à qui l’on enlève le
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pouvoir suprême, mentent presque toujoursleur sort par la facilité malheureuse avec la-quelle ils abandonnent le sceptre.
La reine quitta l’Angleterre la première. Elleaugmentait les craintes du roi par ses inquié-tudes, et le conjurait de mettre le prince deGalles en sûreté; Jacques y consentit. Elle des-cendit la Tamise dans une barque ; la nuit étaitorageuse, le temps affreux. Elle ne croyait guè-res voir Londres pour la dernière fois, et tenaitdans ses bras cet enfant infortuné, dont les mal-heurs commencèrent avec la naissance. Le duc