CHAPITRE XXIV.
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ferre tout entière offrit un spectacle imposantet majestueux, celui d’une nation qui se res-pecte elle-même, et qui sait à la fois éviter lalicence et combattre le despotisme. Les proprié-taires qui, dans tous les pays civilisés, formentseuls le véritable peuple, se rappelaient les san-glantes leçons du passé, et redoutant tous lesexcès, ne demandaient que le règne des lois;la populace était contenue par le peuple lui-même et par l’armée du prince d’Orange; les par-tisans du roi, découragés et dégoûtés par sa fuite,manquaient d’un point de ralliement, et croyaientpouvoir sans scrupule abandonner un princequi avait trahi sa propre cause. Les amis deGuillaume étaient en même temps ceux de l’état;iis voulaient que cette révolution tournât auprofit de la liberté publique, et que tout fûttranquille, afin que la grande transaction quise préparait fût libre et réfléchie, et que laforce des armes ne décidât pas des changementsqui devaient être le résultat de la raison publi-que. Guillaume lui-même était personnellementintéressé à prévenir, comme à éviter toute es-pèce de violence ; toujours fidèle, en apparence ,à son rôle de médiateur, et feignant de se sou-mettre à des circonstances qu’il amenait et qu’ilne paraissait pas même espérer, il était trop[\ 2Ô