402 PARTIE II. - PÉRIODE IV.
efforts, et entretenait, par ses émissaires, l’in-surrection des Hongrois. Cette nation brave,fière, jalouse de sa liberté et de ses lois, de-mandait à être traitée avec dignité et avec justice.Léopold avait travaillé, depuis son avènementau trône, à enlever aux Hongrois leurs formesélectives et à étendre la prérogative du roi. Ceplan, conçu sans art et conduit sans prudence,avait soulevé les esprit des Hongrois, et Tôkelyavait montré ce que peut un homme entrepre-nant, à la tête d’un peuple outragé. Sa résistancelui avait coûté la vie, mais l’insurrection luiavait survécu; Léopold était plus jaloux de lapunir que d’en étouffer les restes, car il punissaitles Hongrois en leur ôtant ces libertés dont il lesaccusait d’avoir abusé, et qu’ils n’avaient fait quedéfendre. L’accroissement de son autorité enHongrie était le grand objet de l’ambition et dela politique de l’empereur.
L’Espagne était épuisée. Les passions deses rois et leurs excès d’ambition et d’orgueilavaient affaibli ce superbe empire, dans leseizième siècle ; ensuite, le défaut de régimel’avait empêché de reprendre de la vigueur ;des maximes de tradition et des prétentions su-rannées avaient continué à miner l’état sous lerègne de Charles II ; il était menacé de mourir