Z,o4 PARTIE II. - PÉRIODE IV.
été réunies, elles n’auraient jamais formé un touthomogène et formidable.
Frédéric III, électeur de Brandebourg, étaitle seul des grands princes d’Allemagne qui parûtdisposé à.soutenir, avec un véritable dévouement,la cause de la liberté germanique contre les usur-pations de la France. En léguant à son fils unepuissance considérable, Frédéric-Guillaume luiavait transmis son zèle pour la religion pro-testante et sa haine contre Louis XIV. Le nouvelélecteur n’avait pas reçu de la nature des formesimposantes et héroïques, et il croyait y suppléerpar la pompe et l’éclat de la représentation ;passionné pour le luxe et la magnificence, li-béral et généreux, confiant et facile, il avaittous les défauts et même toutes les vertus quidérangent les finances des états ; avec de labravoure sans talents militaires, des connais-sances sans génie, de la bonté sans fermeté, ilvoulait faire le bien de ses peuples, mais il vou-lait surtout faire illusion à l’Europe sur l’étenduede ses ressources et sur la grandeur de sa puis-sance, afin de paraître digne du titre de roi,qui était déjà l’objet secret de son ambition. Ilétait attaché à la maison d’Orange par le sang,à la révolution qui venait de s’opérer en Angle-terre par la religion à l’Empire par son rang