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Tome quatrième.
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4o8 PARTIE II. —-PÉRIODE IV.

craignaient la guerre, avaient des raisons d’at-taquer Louis XIV et d’autres raisons pour restertranquilles. La coalition d’Augsbourg, défensivedans son principe, n’était rien moins que me-naçante, et n’aurait probablement pas changéde caractère sans l’agression de la France. Lemanifeste de Louis XIV, pour justifier son inva-sion en Allemagne, décida les esprits indécis,rallia les intérêts divisés, et rendit au nouveauroi d’Angleterre un service signalé. Ce fut unegrande faute du cabinet de Versailles que dedéclarer la guerre à l’Allemagne, et de forcerl’Europe à épouser la cause de ses ennemis.Cette faute fut l’ouvrage de Louvois. Ce minis-tre superbe que madame de Maintenon haïssait,et qui fatiguait quelquefois Louis XIV, par seshauteurs et ses contradictions, voyait baisserson crédit, et redoutait une disgrâce prochaine.Il croyait que dans la guerre, où ses rares talentsétaient véritablement à leur place, on ne pou-vait pas se passer de lui; il résolut d’allumerlui - même l’incendie , dont les événementsavaient amassé les matériaux; la guerre fut dé-clarée. Louvois ne se doutait pas qu’en prépa-rant à la France et à l’Europe neuf années demalheurs et de combats, il creusait lui-mêmeson tombeau.