ï\ 36 PARTIE II.- PÉRIODE IV.
mille Piémontais sur la place, et Saluce ouvritses portes au vainqueur. Suze, Ville - Franche,Nice, Montmélian furent pris, après des siègesassez courts; celui de Coni fut levé avec préci-pitation par la faute de Bulonde. Les alliésavaient senti la nécessité de faire passer des ren-forts à Victor-Amédée, afin que les forces de laFrance fussent occupées plus long-temps enItalie, et demeurassent partagées. Avec les se-cours qu’il reçut, Victor-Amédée se vit en étatde tenir la campagne à la tête d’une armée nom-breuse ; elle était de cinquante mille hommes.On crut qu’il allait agir offensivement, et péné-trer dans le cœur de la France par le Dauphiné.Ces démonstrations se bornèrent à prendre1692. Embrun, et à brûler quelques lieux ouverts;après quoi son armée repassa les Alpes. L’annéesuivante, Catinat le punit d’avoir osé insulterles frontières de la France; Victor-Amédée n’a-vait pas envie de livrer bataille ; Catinat l’y con-4»ct. traignit, et la journée de la Marsaille couvritd’honneur les armes françaises, et fut tellementdécisive que, pendant tout le reste de la guerre,il ne se fit plus rien d’important en Italie.
Victor-Amédée, éclairé par les événements,sentit que la partie n’était pas égale; il ne pou-vait pas compter sur des secours considérables,