PERIODE J V.
4(j4 PARTIE II. -
esprit. Ce léger incident ne fut pas' la cause,mais l’occasion du nouveau système que l’An-gleterre adopta ; il fut encore bien moins lacause principale des grands événements qui lesuivirent. L’anecdote de cour à laquelle desesprits superficiels ou des hommes qui se plai-sent à dégrader l’histoire et l’espèce humaine,attribuent la pacification de l’Europe, ne fut pasmême le principe de l’éloignement d’Anne pourles Whigs. Depuis long-temps elle inclinait pourleurs adversaires, et l’on prétend même qu’elleavait l’idée d’appeler le prétendant, son frère,au trône d’Angleterre. Le procès de Sacheverella rapprocha encore davantage des Torys. Cetecclésiastique prêchant dans l’église St-Paul, enprésence de la reine, s’éleva contre les prin-cipes qui avaient servi de base à la révolution ;accusé devant le parlement, sa cause entraîna desdébats, où les deux partis ne se ménagèrent pas.La reine fut frappée de voir que les Whigs atta-quaient ouvertement son autorité, et leur chutefut résolue. Harley et lady Masham obtinrentde plus en plus toute sa confiance ; Sunderlandet Godolphin furent renvoyés. Marlborough nefut pas encore destitué ; mais il vit clairementque son crédit touchait à sa fin. Harley entradans le ministère ; on lui confia les finances.