5?>0 PARTIE II. - PÉRIODE IV.
traits énergiques et prononcés. Le Français saisitbeaucoup de rapports à la fois; son esprit com-prend et conçoit sans effort; l’Anglais, moinsdistrait par l’abondance des idées , suit une pen-sée avec plus de tenue et de persévérance; ilest plus propre à la ramener aux premiersprincipes et à la faire descendre aux dernièresconséquences. Le Français est naturellementgai, badin, léger; l’Anglais est sérieux , réfléchi,et même sombre : l’un a un besoin continuel desociété, et vit plus avec les hommes qu’avec lanature ; l’autre recherche la solitude , et préfèrela nature à la société. Le premier désire deplaire et de faire effet ; au défaut de sa bien-veillance naturelle, ce désir le rendrait préve-nant , poli, officieux : le second se soucie peude briller dans le monde ; il paraît se suffire àlui-même. La France, voisine des autres peu-ples civilisés, et qui communique beaucoup aveceux, doit offrir des mœurs faciles, des formesdouces, une égale disposition à prendre lesusages des autres, et à leur donner les siens:les insulaires se ressemblent plus à eux-mêmes;ils sont plus portés à se préférer aux autres na-tions, et se regardant comme un monde à part,qui ne doit pas imiter les autres, ils paraissentsuivre les indications de la nature. Généralement