Buch 
Essais sur de nouvelles considérations militaires / par L.- H.-C. Vauvilliers
Entstehung
Seite
7
JPEG-Download
 

1er toute espèce de progrès; il importe pourtant aux chefs desarmées dencourager les recherches utiles et de bien apprécier silopposition qu'on leur insinue vient réellement de lamour de lavérité, ou na pas pour but secret décarter des hommes instruitsqui peuvent mettre courageusement le doigt sur lerreur. Souventse persuade-t-on que de tels hommes sont importuns; et cepen-dant qui sait si Napoléon eût été précipité et eût livré la Franceaux terribles commotions quelle a éprouvées, si en 1813 la véritéeût pu pénétrer jusquà lui, ou au moins le ramoner à ses premiersprincipes si sûrs; mais il était entouré dune sorte de rempart formédes propagateurs des doctrines de Darçon, aussi abusa-t-il des forte-resses ot en recueillit-il les fruits amers. Aux champs de la nouvellelharsale, à Leipsicg, il ne put rassembler que 155,000 hommeset 500 bouches à feu , contre 340,000 ennemis et 1,000 canons,au moment même il avait 350,000 soldats en garnison, dont100.000 à une ou deux marches de lui.

Cabrera , général nouveau , et non sans gloire , ne sest perduen Espagne que par sa confiance illimitée dans un système de for-teresses à peu près semblablement disposées. Cette fois , ce fut unautre genre de catastrophes : il ne fut pas séparé de ses places ;mais établi au centre de la triple ceinture quelles formaient, unjour on lui en enleva une , le lendemain on lui en prit une autre,et le cercle, dont il espérait se couvrir, devint peu à peu si resserréque bientôt il fut trop heureux de sen échapper, pour courirdéposer les armes sur la frontière de France, sans avoir cependantsauvé son armée ; il suivit ce que nous appelons les principes dela doctrine.

Une pareille confiance a perdu Ibrahim en Syrie, à Beyrouth,à Saint-Jean-dAcre et dans vingt bicoques quil avait munies avecle plus grand soin : avec 25,000 hommes de troupes victorieuseset bien organisées, il ne put résister à 2 ou 3,000 Austro-Anglais.Cest aussi la doctrine darçonienne qui inspira les Espagnols deSaint-Jean-dIJloa et de la Vera-Cruz.

Notre conquête de lAlgérie na pas été non plus à labri des in-fluences morbides de la même doctrine. Pendant de longues années,avec une armée de 70 à 80,000 hommes et une dépense dun mil-liard, lon ne put triompher dun simple chef de partisans, sansartillerie, sar.s argent, et qui ne pouvait disposer de plus de huitbaladions et de huit escadrons réguliers; et pourtant Alger, déjàsuffisamment fortifié, était environné encore de quatre ou cinqcercles de for.ercsses et de camps, dont le dernier , de Bone à Oran,passant par Constantine, Médéah, Miliana et Mascara, na pasmoins de cem vingt lieues de développement : et cette dispersionde forces est telle que rien nest plus rare, dans ce pays, que de