« une nouvelle frontière. Ne s’arrêter qu’à peu de
« sièges, prendre les places les plus proches de la fron-« tière, et surtout gagner une bataille. Dans la défen-« sive , avoir un camp volant entre les places.... Tom-« ber sur les communications et les convois ; éviter de« faire des camps retranchés et des lignes.... Les Turcs« n’attaquaient les places que sur une ligne perpendicu-« laire à la frontière, ils négligeaient les petites. »Marlborough avait servi sous Turenne, dans l’arméeweymarienne. C'est une chose remarquable que Turennefit ses plus belles campagnes à la tête d’un ramassis deHessois, de Saxons, de lladois et de déserteurs. Marl-borough , disons-nous, avait sur l’usage des places fortesles mêmes idées que son premier général ; mais, commelui, il fut quelquefois contraint de céder à l’esprit dutemps et à l’état d’avancement de la science de la guerre ;toutefois on le voit lutter contre cette sorte de mode,ses discours au parlement d’Angleterre et aux états gé-néraux de Hollande sont remplis de vives plaintes contreles proconsuls hollandais à la suite des coalisés, qui leforcent à faire des sièges, et, comme les Provinccs-Uniespayaient, il fallait bien obéir. Sans doute que la Hol-lande ne voulait pas détruire le royaume de France,au risque de rester seule en face du despotisme impérialou anglais ; sans doute qu’elle ne voulait conquérir quela fameuse barrière; toujours est-il quelle obligea songénéral à faire des sièges sans pouvoir parvenir à leforcer ci se retrancher lui-même.
Ce fut l’opinion de Marlborough qui fit abandonnerle siège d’Ingolstadt, en 1704, quelques jours avant labataille d’Hoestedt. « Repoussons les Franco-Bavarois,« écrivait-il, et toute la Bavière tombera d’elle-mème,« aussi bien qu’Ingolstadt. » Marlborough comprenaitparfaitement la diilérencc entre le principal et l’accès-