durables d’eaux et alors servir d’obstacle ; mais dans l’ar-rière-saison , ce n’est plus qu’une barrière impuissante ;eh bien! cette arrière-saison est venue pour la frontièrede Vauban; il lui est arrivé, d’une manière fixe, ce quise passa en Hollande en 1795 : un froid soutenu de 20 à22 degrés solidifia tout d’un couples fleuves, les canaux etles marais; les nombreuses places de ce pays restèrenttoutes désemparées et seules ; cette circonstance condui-sit Pichegru à Amsterdam, et la flotte hollandaise mêmefut conquise par un escadron de hussards.
L’on conçoit encore la manière d’agir de Vauban ;quand, sur un champ peu étendu, l’ennemi a beaucoupde forteresses, l’on peut se croire, sauf erreur, dans l’o-bligation de lui en opposer autant ; de la même manièrequ’il est dangereux de se trouver inférieur en cavalerieou en artillerie. Les Hollandais et les Autrichiens ayantdonc beaucoup de forteresses, on voulut ne pas demeu-rer en reste avec eux. L’on opposa place à place, barrièreà barrière; les adversaires se trouvèrent ainsi égalementcuirassés. Si de deux duellistes, l’un conserve unearmure, l’on peut craindre qu’il n’ait des avantages surcelui qui se bat en chemise ; mais s’ils s’arment sembla-blement tous deux , ou s’ils se dévêtissent loyalement,alors les rapports entre les combattants resteront lesmêmes ; ils n’auront donc fait que s’épargner la façonet la dépense de leurs boucliers ; demeurant ainsi dansles mômes termes, il ne reste plus entre eux que l’habi-leté dans l’art de l’escrime qui puisse décider de la vic-toire ; en cet état, qui peut alors se vanter de la supério-rité ; car si nous avons eu nos Turennes et nos Napo-léons , les étrangers n’ont-ils pas eu leurs Eugènes etleurs Marlboroughs ?
Pour se donner une idée de la manière dont Cormon-taigne et Darçon, que nous désignerons par doctrinaires
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