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dans leur art, conçoivent l’application de la fortificationà la défense des litats, il faut se figurer un pays commela France, par exemple, avec ses huit à neuf cents lieuesde tour, changé en un vaste camp retranché, en unelongue ligne fortifiée, en une immense place forte dont lacirconférence est occupée par une ceinture d ouvragesdétachés, espacés de cinq à six lieues, plus ou moins, se-lon les accidents et la nature des diverses parties de la fron-tière. Cette ceinture est double triple et même quelque-fois quadruple, selon les circonstances, et elle peut aussise réduire à une seule ligue. Ce dispositif est organisé detelle manière que les forts de la seconde ligne se trouventvis-à-vis des intervalles laissés par la première, et ceuxde la troisième sont établis d’une manière analogue, sanspourtant que cet ordre géométrique du damier soitrigoureusement obligé.
Ces cordons de forts détachés sont concentriques, desorte que la zone fortifiée a 12 ou 15 lieues d’épaisseur,quelquefois un peu plus, quelquefois aussi elle est moinsprofonde.
Ces places fortes forment comme les lunettes de cevaste camp retranché. Elles se trouvent disposées en quin-conce ; mais pour donner de la comparaison de ce dispo-sitif, avec une place forte à grands développements, uneidée plus nette, on peut dire que l’enceinte de la placemanque, que l’on a construit seulement les dehors, et ilsemble que, pour achever ce système grandiose, il failleajouter une muraille telle que celle de la Chine pour for-mer le corps de place.
Tel est le système encore aujourd’hui enseigné danscertaines écoles militaires et donné comme l’idée deYauban sur la défense des empires. C’est entre ces troislignes d’ouvrages isolés que doivent agir les armées ; cesont là les places militarisées de Darçon, et pourtant,