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« cité absolue. 14° Mais ce qui est plus admirable encore,« les places maîtrisent môme les destins, diminuent les« chances et, tous affranchissent des caprices de la for-« tune. 15° Elles imposent à des voisins jaloux qui, sans« elles, ne balanceraient pas à vous attaquer. Bien plutôt« prêtes que les armées, elles sont des sentinelles vigi-« lantes et menaçantes : leur influence morale est consi-« dérable. 16° Les places offrent des asiles aux habitants« de la campagne, elles leur fournissent des armes, des« munitions et des directions ; c’est un puissant levier« pour former des corps francs et des guérillas ; elles« entretiennent l’esprit militaire jusque dans les villages« qui les entourent, etc. » On ne nous accusera pas,encore bien que quelques-unes de ces qualités semblentcontradictoires et ne pouvoir exister ensemble , de dissi-muler les propriétés attribuées aux forteresses ; mais sansvouloir ici ou les appuyer ou les contester, que fait toutcela au système de Darçon ? il y a là des vérités ; maisencore une fois, elles ne sont point inhérentes à sonroyaume organisé en camp retranché, et tout cela neprouve nullement que son idée soit vraie. Les réels ser-vices des places ne dépendent pas de ses lignes de forte-resses rangées en bataille sur une frontière, et cet ordre;ne représente pas l’idée de Vauban ; au reste nous revien-drons sur les propriétés des lieux fortifiés, car tel estl’objet de ce mémoire ; mais comme nous les déduironspar la méthode analytique, nous demanderons la permis-sion de ne pas suivre l’ordre que nous venons d’indiquerci-dessus, et, par de nombreux exemples, nous recon-naîtrons jusqu’où la pratique démontre leur rationalité.
Si on lit dans les ouvrages classiques tous les moyensque l’on semble pouvoir accumuler, dans le discours,pour la défense d’une place forte, l’on ne conçoit plusqu’elle soit prenable. Mais si l’on amène devant elle cent