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bouches à feu, l’on commence à revenir de sa première-opinion ; eh bien ! le raisonnement et l’expérience pro-duisent sur l’amoncellement luxueux des propriétés pré-cédentes les mêmes effets que ces bouches à feu ; à leurapproche, une partie de ces qualités s’évanouit, une au-tre devient douteuse, et les places militarisées ou mili-tantes de Darçon mises à nu laissent reconnaître leurimpuissance habilement voilée sous le charme d’un stylechaleureux et pittoresque quoique plein de réticencespropres aux faux-fuyants, et nous apercevrons bientôt,quand nous sortirons du vague des généralités , que cettedoctrine des places fortes, en ordre de bataille invariableet immobile, a dû amener bien des catastrophes.
Ce n’est que cette doctrine que nous essaierons de dis-cuter ; mais remarquons bien la tactique de nos adver-saires , si nous leur parlons contre cette prétendue théo-rie des places fortes alignées en guise de bataillons, ilsfeignent d’y voir une amère critique contre un emploiquelconque des retranchements ; ils se plaisent ainsi à secréer un géant fantastique pour le combattre et se pro-curer les douceurs d’une victoire assurée et facile. Alorsils accumulent des raisons quelquefois très-bonnes enfaveur des places pour rétorquer des arguments que l’onn’a pas dirigés contre elles ; mais uniquement contre unemanière particulière de s’en servir, d’où ils concluent quele places sont excellentes; eh! vraiment, nous nesoutenons pas le contraire ; nous n'avons pas avancé unseul mot contre cette vérité générale ; mais ce que nouspensons, c’est qu’ils emploient mal une excellente chose.Les places sont comme l’infanterie, la cavalerie ou l’ar-tillerie ; elles veulent une proportion , et il faut que cha-cune soit sur un terrain qui lui convienne.
A nos yeux, les doctrinaires sont les guerriers quisoutinrent les sièges d’Erix, d’Agrigente, de Lylibée, de
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