Sagonte, clc Numance, de Syracuse ou de Marseille ; cesont les Carthaginois qui virent tomber leur capitale, lesJuifs de Jérusalem, les Asiatiques d’Ectabane, de Ninivcet de Babylone, Zénobie à Palmyre , les Athéniens moinsThémistocle, et en général les petites nations grecques,en en exceptant quelques héros tels qu’Epaminonaas,Philopœmen et Alcibiade ; à nos yeux, les doctrinairessont les nations gauloises qui prétendirent, elles encorebarbares, résister dans des places aux troupes les plusinstruites de l’univers; ce sont ces Gaulois de Vannes, deLectour, Bazas, Tongres, Bourges, Lutècequi virent leurindépendance frappée à mort sous les remparts d’Alise,et la virent expirer sous ceux de Cahors ; et n’est-il plusaucun Gaulois moderne, héritier de ses ancêtres ?
C’est une chose significative et peut-être pas assezremarquée, que tous les sièges célèbres de l’antiquitéfurent soutenus par toutes autres troupes que celles desRomains. Les vainqueurs de l’univers eussent été eux-mêmes bientôt soumis, s’ils eusseut agi comme les Falis-ques, les Sabins, les Veïens, les Yolsques, lcsTarentinset tous les peuples de ETtalie. Les Romains avaient uneautre méthode ; car ils évacuèrent Rome à l’arrivée desGaulois, et la ville immortelle eût péri si Camille eût étédoctrinaire.
Les doctrinaires, pour nous, ne sont point un corps enparticulier, mais quelques membres de tous les corps. 11s’en trouve parmi les fantassins, les cavaliers, les artil-leurs, les ingénieurs et même au milieu des simplescitoyens. Ce sont ceux qui n’ont étudié que les histoiresdes anciens, ou qui ont prétendu imiter le système deVauban, travesti, sans que l’expérience ou la réflexionleur ait permis de secouer l’influence d’une premièreinstruction qui peut devenir aussi une sorte de religion :les uns poussés par des intérêts, les autres restés flans la