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« d’hommes : ils sont tous comme cela, » et pourtant onne pouvait faire de ce prétendu système une critiqueplus acérée ; car comment voulez-vous recommander l’u-sage général d’un moyen si difficile à comprendre; nousautres du commun des hommes , voyez-vous, il nousfaut du simple, et, disons-le, c’est le simple qui est lecachet du vrai génie ; Napoléon le disait (f). Il faut deschoses simples, Vauban ne l’ignorait pas. Enfin, pourrésumer notre pensée sur les idées de Darçon, nouslui demanderons si la multiplicité des machines qui s’ap-pellent canons indique plus la décadence de l’art de laguerre, que la multiplicité de ses immobiles forteresses,qui sont des machines aussi pour nous ; nous croyonsqu’il met trop de confiance dans l’emploi des moyensmatériels, et qu’il a transformé P allas en une vraie Cy-bèle couronnée de tours.
Quand il s’agit de places fortes, l’on est embarrassédu choix des citations à faire des œuvres de Napoléon :Mémoires, Mémorial, Examen des campagnes de César,Souvenirs de Saintini, d’Oméhara ; elles reviennent àchaque instant sous la plume du Grand-Homme ou dansses entretiens. Il existe encore une foule de matériaux pré-cieux édits ou inédits, tenus sous le boisseau. Mais, commenous l’avons dit, ces richesses abondantes jettent aussidans la perplexité. En apparence, du moins, plusieurssemblent contradictoires et laissent penser que le géné-ral Bonaparte ne jugeait pas comme l’Empereur; est-ceque le chef d’une armée et celui d’un empire n’ont pasles mêmes raisons pour apprécier les moyens de puis-sance , et qu’ils les mesurent à des échelles différentes ?Le général triompha en Italie avec une armée de 40,000
( 1 ) Letlrc au roi Joseph, du 3 mars i8ii, Mémoires de Napoléon, vol. vin,page 359.